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Quand un dérivé du Kinect vole au secours des prothésistes-orthésistes
La société Orthéa Innovation organisait aujourd'hui à l'ESITPA de Mont-St-Aignan (76) une journée de formation sur certaines malformations orthopédiques chez l'enfant et leur prise en charge à la fois sur le plan chirurgicale et sur le plan de l'appareillage. Et de ce côté-là, les progrès réalisés en quelques années sont énormes. 

Organisée en collaboration avec les Dr Catherine Vanhulle, neuropédiatre, et Saad Abu Amara, chirurgien orthopédiste pédiatre au CHU de Rouen, cette journée de formation a permis à tous les professionnels des soins post-opératoires et de la rééducation de faire le point sur certaines pathologies et la meilleure façon d'accompagner leurs patients.

Avec les explications limpides, drôles et imagées du Dr Abu Amara, n'hésitant pas à assimiler les corrections chirurgicales orthopédiques à du bricolage du dimanche, les 80 personnes présentes ont pu avoir la confirmation que la chirurgie n'était absolument pas de la magie, qu'il n'y a rien de très normalisé là-dedans et que tout est une affaire de dosage et d'expérience. 

Entre deux interventions, les invités ont pu découvrir la façon dont Orthéa Innovation créait les prothèses, corsets, orthèses (appareillage chargé de palier une fonction locomotrice déficiente), coudières, bottes, minerves et autres verticalisateurs, prescrits aux patients. Et à vrai dire, ce qui ressemblait il y a 8 ans à de l'outillage industriel s'apparente aujourd'hui à du jeu vidéo. En effet, le gros scanner optique Konica-Minolta qui valait une fortune en 2005 a aujourd'hui cédé la place à un système de détection compact dérivé du Kinect de Microsoft.

Relié à un ordinateur portable, ce capteur est capable de modéliser à la volée les bustes, membres et contours des patients. Ces "empreintes" sont ensuite rectifiées et adaptées sur ordinateur par un technicien, grâce à un système de bras avec retour de force qui permet de tailler, corriger, gommer et lisser, comme le ferait un sculpteur.

Puis, ces empreintes sont transmises à une fraiseuse qui sculpte le moule en positif et en négatif. C'est à partir de ce moule que sont créées sur mesures toutes les prothèses d'Orthéa Innovation. 

La prochaine étape dans la réalisations de ces prothèses orthopédiques sera peut-être l'utilisation d'imprimantes 3D, mais il faudra qu'elles puissent gérer de plus gros volumes qu'actuellement et qu'elles soient aussi capables de fabriquer à partir de matières plus résistantes. 

Publié le 1 avril 2014
SQ 250-300