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Spécial « Cinéma français sous l'occupation » sur FilmoTV
Les 220 films tournés en France entre 1940 et 1944 constituent un paradoxe : conçus et filmés pendant une des périodes les plus sombres et contraintes de notre histoire, ils se distinguent par une qualité qui perdure encore aujourd'hui, alors que les consignes de l'occupant étaient, selon les termes même de Goebbels, que ne soient produits que des films « légers, vides et si possible, stupides ». Qu'il s'agisse de Douce, du Corbeau ou du Mariage de Chiffon alors entrepris, force est de constater la mauvaise exécution de ces consignes. En outre, la période se révèle généreuse en talents, le moment étant aussi celui où Jacques Becker, Robert Bresson ou Henri Georges Clouzot livrent leur premier véritable film. Un double paradoxe qu'explorent Laurent Bourdon, Denis Parent et Didier Philippe-Gérard, le trio du salon, par ailleurs outillé de films signés de noms aussi prestigieux que Clouzot, Tourneur, Guitry ou Christian Jaque.

Au programme sur Filmo TV :
. L'assassin habite au 21 (1942) – premier long métrage de Henri-Georges Clouzot avec Pierre Fresnay dans le rôle de l'inspecteur Wens (et Suzy Delair en Mila Malou !). Un film à la fois polar et comédie, truffé d'ironie et de dialogues acerbes !
. Cécile est morte (1944) – Simenon a souvent été adapté sous l'occupation. Maurice Tourneur fait reprendre une deuxième fois à Albert Préjean le rôle de l'inspecteur Maigret. Le film est tourné en plein Paris sans l'ombre d'un officier allemand, ce qui est d'ailleurs le cas dans la quasi-totalité des films du moment.
. La main du diable (1943) – film fantastique, comme il y en eut plusieurs sur la période, signé une nouvelle fois Maurice Tourneur, avec Pierre Fresnay…et Palau dans le rôle du diable, le film étant par ailleurs l'adaptation du mythe de Faust.
. La symphonie fantastique (1942) Une biographie d'Hector Berlioz signé Christian Jaque avec un Jean-Louis Barrault au jeu aussi fou que le personnage qu'il incarne ! Une réussite qui déclencha à Berlin la colère de Goebbels.
. La fiancée des ténèbres (1945) – Un film rare, produit en dehors de la Continentale, donc soumis à la censure et qui traite un sujet inattendu : les hérésies cathares. Réalisé par Serge de Poligny, le premier titre en sera Délivrez-nous du mal.
. Le destin fabuleux de Désirée Clary (1941) – Sacha Guitry y évoque la vie de celle qui faillit épouser le jeune général Bonaparte qui lui préféra Joséphine. Désirée Clary épousera finalement Jean-Baptiste Bernadotte qui deviendra roi de Suède (famille toujours sur le trône aujourd'hui). Un film en deux actes, entrecoupé par le générique et la présentation des collaborateurs techniques dans le style unique de l'auteur de La Poison. Geneviève Guitry y tient d'ailleurs le rôle de Désirée jeune.
Publié le 5 juillet 2016
SQ 250-300