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Startups : des levées de fonds en hausse en 2016
Capgemini Consulting et eCap Partner, banque d'affaires spécialiste de l'industrie numérique, dévoilent aujourd’hui une synthèse complète de l’activité des startups françaises sur l’ensemble des années 2015 et 2016 (www.barometre-startups.org). L'objectif étant de comprendre les principales tendances de ce secteur et de mesurer les dynamiques en cours.

Primo, le dynamisme observé en 2015 dans l’écosystème des startups se confirme en 2016. Le montant cumulé des levées de fonds effectuées par les startups en 2016 atteint 1,3 Md€, (+ 19% par rapport à 2015). En incluant dans cette analyse les startups créées il y a plus de 7 ans (qui se trouvent donc en-dehors du périmètre strict du baromètre des startups du numérique), le montant des levées réalisées en 2016 est de 2,2 Md€. Cette augmentation s’explique principalement par un accroissement du nombre de levées (+16% sur la période), le montant moyen des levées restant constant.

Secundo, les secteurs « généralistes » historiques perdent du terrain sauf sur des domaines d’application bien spécifiques. Ainsi, les secteurs « Marketing et Communication » et « Applications et technologies d’entreprises » représentaient à eux deux 23,5% du nombre de levées de fonds en 2015. En 2016, cette part n’est plus que de 18,5%. Ce ralentissement est particulièrement marqué pour le secteur « Marketing et Communication », en recul de 31% sur les montants levés. Les levées de fonds les plus importantes sur ces secteurs généralistes en 2015 et 2016 se focalisent sur deux thèmes principaux : la Data (Dataiku, Biboard, OpenDataSoft, Saagie, Tellmeplus, etc.) et le Cloud (Scality, NanoCloud, Genymobile etc.)

Tertio, 2016 a été l’année de la mobilité. Le secteur est passé de la huitième à la deuxième position des secteurs ayant généré le plus de levées (43) et levé les plus gros montants (167 M€). Cette croissance est portée par le segment des « Nouvelles mobilités », représenté par des acteurs tels que Blablacar (co-voiturage), CityScoot (l’Autolib du scooter), Drivy (location de voiture entre particuliers), Zenpark (solution de partage de places de parking), etc.

Quarto, les startups qui se lancent sont de plus en plus diversifiées et délaissent les domaines généralistes pour des propositions de valeur plus précises. Les tendances récentes les plus notables mettent en lumière les secteurs de la Beauté Santé (+167%), de l’Immobilier (+60%), de la Restauration et de l’Agroalimentaire (+40%) ainsi que celui du Transport (+20%).

L'écosystème français prend le relais
D’une manière générale, les startups françaises apparaissent de moins en moins dépendantes des capitaux étrangers pour les levées majeures : alors que près de 60% d’entre elles impliquaient au moins un acteur étranger en 2015, elles ne sont plus que 40% en 2016. Ceci s’explique par une prise de relais accrue de l’écosystème français, notamment des Business Angels et des acteurs Corporate.

L’on note que les fonds d’investissement maintiennent leur présence, mais délaissent les petites levées (-8%) pour concentrer de plus en plus leur activité sur les levées de taille intermédiaire allant de 1M€ à 5M€ : ces dernières représentent en effet près de 55% de leurs prises de positions (+13%). Les fonds apparaissent relativement « conservateurs » dans le choix de leurs secteurs de prédilection, qui concernent surtout les applications et technologies d’entreprise, ainsi que le marketing et la communication.

Les Business Angels sont naturellement davantage présents sur les petites levées et les premiers rounds d’investissements (65% de leurs prises de position). Ils démontrent une présence croissante en 2016 (+37% de prise de positions) et n’hésitent plus à intervenir sur les levées de taille moyenne et importantes aux côtés des fonds. Ils jouent un rôle de pionnier sur des secteurs en devenir, comme la formation et l’éducation ou encore l’immobilier.

Les acteurs Corporate ont été particulièrement actifs en 2016 (+18% du nombre de levées). Ils polarisent de plus en plus leurs investissements sur les levées majeures (+80% sur les levées de plus 5M€, +125% sur les levées de plus 10M€). Ils ont par ailleurs délaissé en 2016 les startups « généralistes » pour prendre position sur des propositions de valeurs plus matures, précises et sectorisées dans les écosystèmes de la mobilité, de la FinTech, du loisir et du tourisme, ainsi que de la santé. L’enjeu pour eux n’est plus de développer leur empreinte digitale, mais bien de prendre des positions stratégiques dans un écosystème donné.

Enfin, la BPI ralentit son activité sur les levées majeures (-43% de levées de 5M€ à 10M€), pour augmenter fortement sa présence auprès des startups plus jeunes, les petites levées (+24%) et surtout les levées de tailles intermédiaires (+48%). Elle reste, avec une présence sur près de 18% des levées réalisées, l’acteur de l’écosystème le plus présent sur l’ensemble des levées. Elle conserve un portefeuille très équilibré en termes de secteurs d’investissement. 
Publié le 1 mai 2017
SQ 250-300