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Jacques Doillon est chez FilmoTV
A l’occasion de la sortie en salle et de la projection cannoise le même jour de Rodin, Jacques Doillon s’est confié à Yves Alion sur le plateau de FilmoTV sur sa dernière réalisation mais également sur un certain nombre de ses films.

Un travail de modelage
A l’image du sculpteur préparant ses œuvres dans la terre, Jacques Doillon travaille chaque scène en ignorant à l’avance de quoi elle sera faite. Au cours de sa carrière, cette recherche de l’inconnu l’emmène sur des chemins à la rencontre d’acteurs avec qui il ne collaborera pas plus de deux ou trois fois. Trop les connaître gâche cette spontanéité tant recherchée. Alors même si sa méthode de tournage en plan séquence a pu effrayer Vincent Lindon jusqu’à la veille, il a finalement vécu une expérience incroyable, loin de ses appréhensions. Cette relation avec les acteurs est le fil rouge de sa vie allant jusqu’à dire « Sans les acteurs je n’existe pas. Je n’écris pas de roman mais des dialogues. »

Une fresque sur l’ardeur artistique
Parce qu’il y a une interaction évidente entre la sphère privée et artistique, la vie du Rodin de Doillon est portée par une violente passion. Alors que Rose, son épouse, lui rappelle d’où il vient et le durable, il entretient une relation avec une Camille joyeuse et rayonnante qui incarne toute la légèreté et le possible. Jacques Doillon reconnaît que « même si [Camille] Claudel à un talent indéniable, le génie c’est Rodin ! » Un génie créatif qui l’est beaucoup moins dans ses rapports humains. Certes, il rencontre des gens qui l’aident et le suivent mais se révèle être un piètre ami.

Jacques Doillon c’est aussi sur FilmoTV…
. L’an 01 (1973) est le tout premier film, adaptation de la bande dessinée de Gébé, avec un casting incroyable : Depardieu, Coluche, Auteuil, Miou-Miou…Le sujet de fond : un catalogue exhaustif de l’utopie rigolarde qui suit les événements de mai 68.
. Les doigts dans la tête (1974) est un huis-clos adolescent qui fit date, tourné en 16 mm sur le trafic des sentiments.
. La pirate (1984) dans lequel à la grande différence avec le précédent, le monde y est fantasmé et fabriqué. Il est question de passion amoureuse et d’oscillation des sentiments. Jane Birkin, sa compagne de l’époque, y joue au côté de son frère (à la ville).
. L’amoureuse (1987) est initialement un film pour la télé qui sortira dans les salles des années plus tard avec Marianne Denicourt et Valeria Bruni-Tedeschi, alors élèves au théâtre des Amandiers (Nanterre).
. La fille de 15 ans (1989) dans lequel Jacques Doillon joue un des personnages principaux alors que, venant de limoger l’acteur pressenti, il n’a plus personne à qui confier le rôle. Avec Melvil Poupaud et Judith Godrèche.
. Le petit criminel (1990) avec Gérald Thomassin qui a fini par accepter le rôle et qui remporte le César du meilleur espoir masculin. Avec Richard Anconina et Clotilde Courau.
. Ponette (1996) est une histoire de deuil comme il n’y en avait encore jamais eu au cinéma dans laquelle une fillette de 4 ans perd sa mère. Victoire Thivisol y joue avec beaucoup de justesse sa façon d’être dans l’instant.
Publié le 26 mai 2017
SQ 250-300