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Les smartphones choisiront de plus en plus à notre place
Selon l'Autorité de régulation des télécoms (Arcep), certains terminaux mobiles limitent l'accès à un Internet ouvert. Dans un rapport de 21 pages, le régulateur des télécoms exprime ses réserves sur ces terminaux qui ont émergé ces dernières années (smartphones, tablettes et consoles de jeu en tête) et qui permettent d'accéder à Internet.

Ceux-ci limiteraient souvent l'accès à un Internet ouvert, et contreviendraient par là même à l'un des principes de l'Arcep. « A l'issue des premières auditions et des recherches menées par l'Arcep, il a été possible de cartographier différents types de limites à l'ouverture de l'Internet qui ne résultent pas des pratiques des fournisseurs d'accès à Internet, mais des caractéristiques des équipements terminaux ou des décisions des fournisseurs de systèmes d'exploitation ».

Dans une interview au quotidien Les Echos, Sébastien Soriano, Président de l'Arcep, livre son analyse. L'enjeu se situerait surtout au niveau des smartphones. Dans le monde des mobiles, tout est plus compact et contrôlé par le fabricant ou exploitant du système d'exploitation (iOS, Android...). Il est normal qu'avec un doigt et un écran on fasse moins de choses qu'avec une souris, mais, avec le smartphone, l'utilisateur a perdu de la marge de manoeuvre et le contrôle d'accès au contenu ou applicatif. Cela pose question au moment où le mobile devient l'accès Internet de référence et où l'intelligence artificielle va rendre les terminaux de plus en plus intelligents.

Lorsque vous demanderez à votre assistant vocal de jouer tel ou tel morceau de musique, c'est lui choisira s'il vous dirigera vers Spotify, Qobuz ou Deezer. On va évoluer de plus en plus dans un monde où les terminaux vont faire les choix à notre place. Avec de moins en moins de contrôle. C'est vrai pour le consommateur et aussi pour les entreprises. La réponse n'est pas dans la réglementation, car celle-ci s'appliquerait aux petits comme aux grands et cela serait néfaste. Mais plutôt dans la régulation par la data, par exemple par la notation, comme proposé par le Conseil national du numérique.

Pour retrouver l'intégralité de cette interview : « Les smartphones feront de plus en plus de choix à notre place »
Publié le 30 mai 2017
SQ 250-300