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Logitech MX518 : pour joueurs pressés

Logitech et Razer luttent âprement pour le prix de la souris estampillée « gamer ». Avec la MX518, Logitech est décidé à reprendre l’avantage. Le modèle ressemble pourtant comme deux gouttes d’eau à la précédente si ce n’est le coloris qui diffère (quoi qu'il soit toujours aussi flashy). La surprise vient de l’intérieur avec une résolution annoncée de 1600 cpi !

MX5XX : une success story

Avec la MX500, Logitech a développé une souris qui est rapidement devenue un objet culte pour de nombreux joueurs. Le capteur MX était à l’époque le premier à afficher une précision et une réactivité sans faille. Il a convaincu même les plus réticents qu'un modèle optique pouvait satisfaire les exigences des joueurs les plus difficiles. Des trois modèles initiaux, c’est la 500 qui s’est imposé. La 300 reprenait la coque d’une ancienne souris assez banale et la 700 sans fil était trop lourde. Même Logitech fut surpris du succès parmi les gamers de la MX500.

On ne change pas une équipe qui gagne

Souris filaire ergonomique pour droitiers, la MX500 est assez ventrue. Mais son confort s'avère exceptionnel. De plus, les deux bouton supplémentaires sur le coté gauche sont idéalement placés pour être utilisés dans un jeu sans perte de temps. Il est possible d’enlever le lest pour la rendre plus légère ce que préfèrent de nombreux joueurs. Devant le succès de ce modèle, Logitech a introduit l’année dernière le modèle MX510 à la coque rigoureusement identique.
Seul le capteur avait été amélioré pour une précision encore meilleure. Logitech a également customisé sa souris avec une revêtement holographique exigé sans doute par des recherches marketing savantes qui ont conclu que le joueur aimait bien s’afficher avec des objets qui brillent (sic) !

De la techno

Ce fameux moteur optique MX de deuxième génération est basé sur un capteur CMOS 30x30 pixels ce qui est très grand. Peu par rapport aux millions d’un APN, mais beaucoup par rapport au 15x15 des capteurs standard. Associé à une cadence de prise de vue infernale de 6400 images par seconde et à un bus de traitement qui passe de 8 à 12 bits, Logitech a repoussé les limites de la réactivité. Et effectivement à l’usage même si la différence n’est pas toujours évidente, ce nouveau capteur a encore gagné en efficacité.

Le combat se déplace

L’autre marque qui résonne dans les oreilles d’un joueur, c’est Razer. Leurs souris mécaniques hyper réactives avaient longtemps trustés les faveurs des gamers les plus acharnés. Mais la maturation de l’optique les avait reléguées au second plan. Razer a donc contre attaqué avec une première souris déjà convaincante (la Viper), puis avec une deuxième encore plus diabolique, la Diamondback. Pour le capteur, Razer utilise tout simplement le même ou presque que Logitech soit du CMOS 30 x 30 à 6 400 images par seconde. La différence se fait sur le bloc optique et sur la résolution. Là où Logitech se contente de 800 cpi (count per inch), Razer affiche 1 600.

Une notion compliquée

Nous n’allons pas relancer le débat de l’intérêt de la résolution. Je vous invite à consulter les articles précédents. Pour résumer à ceux qui auraient manqué les épisodes précédents, le nombre de mesures par pouce (2,54 cm) détermine la vitesse de déplacement de la souris. Vitesse qui est également conditionnée par la résolution de l’écran. Plus on monte celle ci et plus la souris sera lente. Avec des résolutions d’écran plus élevées, il faut donc aussi des résolutions de souris plus élevées, CQFD. Par ailleurs si on monte trop la résolution de la souris, elle sera si rapide que la précision devint problématique. En 1 280 x 1 024 soit la résolution la plus utilisée, 800 cpi sont largement suffisant en théorie. Il faut signaler qu’en réglant la vitesse du curseur dans les paramètres souris sous Windows, vous influez sur la résolution ce qui vous permet de trouver l’équilibre qui vous convient.

A l’usage

L’impression d’usage qui ressort de la résolution dépend des autres paramètres de la souris. Plus la souris est précise au départ (capteur, vitesse de prise de vue, traitement) et plus il sera possible de monter la résolution sans perdre trop en précision. Ensuite, tout dépend de vos habitudes. Certains s’en sortent très bien avec une souris très rapide, d’autres moins. Même s’il est quasi impossible d’utiliser la Razer Diamondback à 1600 cpi en 1280x1024, elle permet tout de même de monter très haut. Pour ceux qui sont capables de la maîtriser, elle devient une arme redoutable en Lan. De toute façon, on peut baisser la résolution si ça va trop vite. Au final, le débat fait rage sur les forums. Certains ne jurent que par la Diamondback, d’autres disent qu’elle est inutilisable et préfèrent la MX510. Un autre paramètre complique encore un peu les choses. Le port USB de votre PC est limité à 125 échanges par seconde ce qui empêche la souris d’être aussi sensible qu’elle pourrait l’être. C’est particulièrement net en haute résolution. Il est possible d’accélérer le port USB à 250 voire 500 échanges mais cette opération rend l’ordinateur instable et conduit souvent à des plantages réguliers ou aléatoires. En revanche, le confort s’en trouve amélioré.

Le retour du Jedi

Finalement, Logitech a frappé un grand coup en introduisant la technologie laser sur la MX1000. Ce n’est plus un led mais un laser qui illumine la surface à analyser. La précision en est grandement améliorée. Il y a cependant deux problèmes. La MX1000 est sans fil et très lourde ce qui ne plait pas aux joueurs. Par ailleurs, le laser se déconnecte si on soulève la souris et se rebranche en la reposant. Cela conduit à une latence gênante pour ceux qui soulèvent la souris lorsqu’ils sont en bout de mouvement pour la ramener au centre.

C’est dans les vieux plats…

Logitech s’est donc contenté de l’optique traditionnelle pour sa nouvelle souris gamer, la MX518. Il s’agit de la troisième version de la MX500 ! En fait, elle aurait du s’appeler 516 car la seule chose qui change, c’est la résolution qui comme par hasard passe à 1600 cpi. Et effectivement, la réactivité de la souris s’en trouve améliorée. Même si dans les faits, il est difficile de contrôler la souris à résolution maximale, la 518 s’avère plus précise et plus rapide que la 510. Razer Diamondback ou Logitech MX 518, c’est ce qu’il va falloir déterminer. Rappelons qu’il s‘agit de modèles pour gamers et que nous ne les testons que sous cet aspect. Pour d’autres usages, des souris moins exclusives seront plus adaptées. Les graphistes pourront être éventuellement intéressés par la MX518 comme nous le verrons plus loin.
Le look des deux souris a été soigné c’est clair mais je vous laisse seul juge du résultat. Personnellement, je trouve le revêtement gris avec des taches plus ou moins sombres de la MX518 bien plus réussi que celui de la 510. Néanmoins, je préfère la Diamondback avec son corps translucide illuminé. Elle a un coté hi-tech que j’aime bien mais les goûts et le couleurs….

Comme dans des charentaises

Commençons par la coque. C’est vite vu, elle ne change pas. La forme procure une ergonomie exceptionnelle pour les droitiers. La main repose confortablement sur le galbe de la coque. Le pouce et l’annulaire viennent se loger confortablement dans des ouies latérales. En fait, la position est radicalement différente de la Razer Diamondback. Bien plus plate, cette dernière oblige à une prise ne main plus active qui garantit la précision mais fatigue rapidement. La forme de la MX518 est plus consensuelle, excellent compromis entre confort et précision. Si vous enlevez le lest sous la coque, la souris devient plus légère ce que je préfère personnellement


Les boutons principaux des deux souris sont proches de la perfection avec un plus au caoutchouc de la Razer. Les deux molettes sont excellentes avec une meilleure préhension pour la Razer et plus de précision pour la Logitech. La fonction bouton est un peu trop dure sur les deux. En revanche, la MX 518 distance la Diamondback avec ses deux boutons latéraux idéalement placés sous le pouce. Ceux de la Razer sont inutilisables dans les faits : trop dur, mal placés. Le boutons sur le dessus de la MX518 ne sert à rien car mal placé

Ergonomie

Les boutons latéraux donnent l’avantage à Logitech. Pour la forme générale, c’est une question de préférence personnelle

Logitech MX518 = 1 / Razer Diamondback = 2

Précision

Bonnet blanc et blanc bonnet. Réglé à la même résolution, je trouve que le résultat est vraiment très proche. Nous avons donné les deux souris réglées sur une résolution moyenne consensuelle à une dizaine de joueurs et aucun n’a vraiment su en sortir une préférence indépendante de l’ergonomie. Il faudra attendre le laser ! D’ailleurs en comparant la MX510 à la 518, on s’aperçoit que la nouvelle n’est plus précise que si on pousse la résolution.

Logitech MX 518 / Razer Diamondback = ex aequo

Réactivité

Nous voilà au chapitre qui nous intéresse le plus. Avec 1 600 cpi et un capteur très rapide, la réactivité est logiquement au top. Et c’est effectivement le cas. Comme sur la DiamondBack, la MX518 permet de monter la résolution aux environs de 1 200 cpi en 1 280 x 1 024 tout en gardant une excellente précision. Evidemment, il faut avoir une dextérité sans faille car pour viser, le moindre écart de la main est fatal. Difficile là encore de départager les deux protagonistes. Au plus rapide, la précision se dégrade un peu mais de façon similaire sur les deux. En fait, Logitech prend la tête grâce à une fonction très astucieuse. La molette et entourée de deux boutons, un + et un -. Ils permettent de contrôler la résolution. Le choix se fait entre 400, 800 et 1 600 cpi. C’est une idée géniale. Pour commencer, vous réglez la souris sur 1 600. Ensuite, vous allez dans les paramètres souris et vous ajustez la vitesse du curseur à la vitesse maximale qui vous correspond pour les déplacements dans les jeux. Essayez avec votre FPS favori. Ensuite, dans le jeu au moment où il s’agit de viser avec précision, vous appuyez sur la touche – pour baisser la résolution. Cela ne prend qu’une fraction de seconde. Dès le tir effectué, vous revenez en 1 600 avec le +. Certes, sur la Diamondback, vous pouvez changer également dans le jeu via le pilote. Mais il faut appuyer sur la molette et la tourner ce qui dans l’urgence n’est pas vraiment pratique. Le pilote de Logitech a des fonctions encore plus élaborées, nous y reviendront.
Le changement de résolution à chaud par pression sur des boutons donne l’avantage à la MX 518.

Logitech MX 518 = 1 / Razer Diamondback = 2

Un pilote pour les joueurs


Pour une fois, l’installation du pilote apporte quelque chose. En dehors des habituels réglages, vous pouvez encore affinez la sélection de la résolution. Tout d’abord, le pilote vous permet de prendre le pas sur les réglages de Windows pour que les deux réglages croisés n’interfèrent pas. Ensuite, un premier écran qui correspond à l’onglet de la tour d’échec permet de paramétrer la souris pour les jeux indépendamment du réglage Windows. Ainsi, vous pouvez disposer d’un réglage pour les applications et d’un autre pour les jeux et tout ceci est parfaitement transparent. En revanche, la formulation n’est pas très claire et il faut se référer en permanence à l’aide pour comprendre


Ensuite, on accède à un deuxième écran avancé qui permet de régler individuellement la résolution. Dans la fenêtre de droite, vous spécifier les jeux auxquels doivent s’appliquer les réglages. Ensuite, vous pouvez choisir cinq résolutions à affecter aux deux boutons de la souris. Dans le jeu, vous retrouverez ces paramètres. Il faut bien reconnaître que pour les joueurs les plus pointus, c’est assez ultime et encore une fois bien plus facile à utiliser que le système Razer

En conclusion

La Logitech MX 518 est une souris prédestinée aux joueurs les plus exigeants. Elle permet d’adapter la vitesse de déplacement à ses préférences personnelles. Très précise et potentiellement super rapide quelle que soit votre façon de jouer, vous trouverez le réglage qui convient. Ajoutez à cela une ergonomie proche de la perfection et deux boutons supplémentaires fort utiles pour finir de vous convaincre. Pouvoir régler la résolution dans les jeux avec une simple pression sur un bouton bien placé permet de profiter de la vitesse de la souris en déplacement et de la ralentir lorsqu’il s’agit de viser avec précision, c’est une excellente idée. Logitech reprend donc l’avantage sur la Razer Diamondback avec la MX518. Même si en dehors de la commande de résolution, la précision et la réactivité sont très similaires sur les deux modèles. Mais votre choix doit aussi être dicté par vos préférences. Si vous appréciez une tenue en main plus nerveuse ou si vous êtes gaucher, il vaut mieux opter pour la Diamondback.

Stéphane Kauffmann (Tom's hardware guide)

Publié le 12 mai 2005
SQ 250-300