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Timesplitters Future Perfect

Timesplitters est un FPS référence sur consoles… pour le multijoueurs. Le grand nombre de modes de jeux, de personnages et de niveaux promet en effet une durée de vie très importante. Difficile en revanche de ne pas souligner à l’inverse une expérience solo trop limitée avec une durée de vie décevante et un manque de vraies nouveautés par rapport à la concurrence. Dommage que les bonnes idées annoncées (collaborations avec ses doubles dans un même niveau, arme anti-gravité, véhicules) n’aient pas été assez exploités. Sans être un incontournable, Future Perfect constituera un bon défouloir pour les joueurs en solo ayant déjà terminé les «must» du genre (Halo 2, Chronicles of Riddick…).

Le studio anglais de Free Radical Design, composé pour une part d’anciens de Rare Software (Goldeneye, Perfect Dark) propose un troisième volet de la série Timesplitters. Comme son titre le laisse présager, la thématique des voyages dans le temps est toujours au centre du scénario qui illustre une fois de plus la lutte entre l’espèce humaine et les terribles Timesplitters. Si les deux premiers volets de la série manquaient d’une véritable structure scénaristique et d’un personnage emblématique, Future Perfect tente de remédier à tout cela tout en perpétuant les excellents modes multijoueurs associés à la série. Cinq ans après la sortie du premier Timesplitters parmi les premiers titres sur PlayStation 2, que vaut ce Future Perfect face à une concurrence acharnée dans le domaine du jeu d’action en vue subjective ?

Départ vers le futur

Dans le mode scénario, le joueur incarne Cortez, un guerrier du futur qui va devoir mettre la main sur plusieurs cristaux aux pouvoirs temporels avant les Timesplitters, bien entendu sur les rangs également. Seul petit problème : ces cristaux sont éparpillés à plusieurs époques et Cortez devra voyager entre 1914 et 2401 pour retrouver les items avant un mystérieux savant qui semble avoir pactisé avec les Timesplitters. Bref, comme pour les précédents volets, le scénario sert avant tout de prétexte pour proposer de multiples niveaux à l’ambiance très variée puisque l’on passe allègrement des conflits au 25ème siècle à un niveau dans une maison hantée en 1994 ou à une mission spéciale dans la Russie des années 60 ! Cortez y sera souvent aidé d’un personnage appartenant à cette époque… mais aussi par lui-même ! L’une des nouveautés de ce troisième opus consiste en des voyages dans le temps au sein d’une même mission. Comprenez qu’il faut parfois lutter aux côtés de son propre double du futur… sachant qu’il faudra ensuite reproduire le comportement de ce «Cortez du futur» pour éviter un complexe temporel.

La série Timesplitters affiche un lien de parenté évident avec les mythiques GoldenEye et Perfect Dark de Rare. On retrouve en effet la fameuse interface (indicateurs de points de vie et d’armure notamment) ainsi que cette jouabilité si bien huilée qui évolue encore avec ce troisième opus. Certes, les esprits chagrins noteront immédiatement que le jeu ne permet toujours pas de sauter, ce qui peut surprendre dans un FPS actuel ! En revanche, la jouabilité est toujours aussi précise et l’on prend toujours autant de plaisir à découvrir l’univers si particuliers signé Free Radical. Graphiquement, sans se hisser au niveau d’un Halo 2 ou d’un Doom 3, le jeu se classe dans la moyenne actuelle. Diversifiés, colorés et dotés d’un bon level design, les niveaux sont bien conçus même si l’on aurait souhaité pour ce troisième opus une meilleure interaction avec l’environnement. Seule amélioration notable dans ce sens : l’apparition d’une arme magnétique permettant de diriger les objets à distance mais dont les fonctions restent trop peu exploitées dans le jeu. C’est là le point faible du titre : sa durée de vie est bien trop faible en solo puisqu’il suffit de six heures pour plier l’aventure. Mais l’intérêt de Timesplitters réside ailleurs…

Multijoueur : un digne héritier de GoldenEye ?

Le principal intérêt de Timesplitters, c’est le multijoueurs. Les possesseurs de PlayStation 2 et de Xbox sont clairement privilégiés puisqu’ils pourront jouer jusqu’à 16 simultanément en ligne ou en réseau local tandis que la version GameCube n’autorise que les affrontements via écran splitté… soit quatre participants maximum. Et oui, on connaît bien maintenant la frilosité de Nintendo vis-à-vis du jeu en ligne. En revanche, côté modes de jeu, les consoles sont toutes logées à la même enseigne avec une multitude de possibilités : Deathmatchs, Team Deathmatchs, Bag Tag (garder le sac le plus longtemps !), Elimination (nombre de vies limitées), Vampire (les points de vie baissent continuellement à moins de liquider des adversaires), Virus (un joueur débute infecté et doit contaminer les autres), Zones (l’équivalent du mode domination de Unreal), Assault (encore du Unreal) ou encore Monkey Assistant (les singes fétiches de la série font des descentes mortelles parmi les joueurs !). Et j’en passe : autant dire qu’il est difficile de s’ennuyer avec une telle diversité de modes qui multiplient à volonté la durée de vie du titre… en multijoueurs.

Bon prince, Free Radical n’en a pas pour autant oublié le pauvre joueur esseulé qui pourra donc remplir le mode scénario en solo mais aussi participer à une myriade de défis tous plus délirants les uns que les autres. Débloqués au fur et à mesure, ces mini-jeux mettent les réflexes du joueur à dure épreuve : tuer le plus d’ennemis possible en temps limité, prendre les commandes d’un chat, chasse aux singes… Le but est bien sûr ici de casser les scores et cela motivera avant tout les furieux désireux de faire montre de leur maîtrise du pad. Ce qui ne remplace malheureusement pas un mode scénario un peu faible que l’on traverse trop facilement et surtout trop rapidement. Dommage, car Future Perfect accueille quelques nouveautés bienvenues comme l’apparition de véhicules à piloter dans l’esprit de Halo par exemple. Encore une fois, cette bonne idée est malheureusement rattrapée par le manque d’ambition du titre en mode solo et ces séquences font davantage office de récréation que de moments d’anthologie comme on peut en connaître dans Halo 1 et 2.

Par : Patrick HELLIO (Tom's Hardware Guide)

Publié le 26 mai 2005
SQ 250-300