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GTA sur PSP : Grand Theft Auto Liberty City Stories

En manque de jeu vraiment intéressant pour ma PSP, j’attendais impatiemment l’apparition de l’une des séries cultes de la PS2 sur la portable. Si techniquement, on peut parler d’un vrai tour de force (rémanence exceptée), je regrette tout de même que Rockstar n’ait pas pris le temps de développer un titre vraiment inédit qui aurait profité d’une nouvelle ville. S’il reste agréable d’explorer à nouveau Liberty City dans ce que certains considéreront comme une extension de GTA 3, il aurait été bien plus intéressant de découvrir un nouvel environnement. La jouabilité pose aussi quelques problèmes avec une maniabilité pas assez précise et système de sauvegarde contraignant que l’on admettait sur console de salon mais qui passe moins bien sur portable… où le temps de jeu est généralement plus court. Cet UMD n’en reste pas moins le meilleur titre du moment sur la PSP.

Depuis qu’ils ont acheté leur console, les possesseurs de PSP ne peuvent pas dire qu’ils croulent sous les jeux tirant vraiment partie des capacités de la machine. Franchement, à part WipeOut, Ridge Racer et peut-être Poursuit Force, les titres vraiment tripants se font rares sur la portable la plus puissante du marché ! Autant dire que dans ces conditions, l’apparition de Grand Theft Auto, l’une des séries phares qui a contribué au succès de la PlayStation 2, était particulièrement attendue sur PSP. Repoussé à plusieurs reprises, l’UMD tant attendu est finalement paru quelques semaines avant les Fêtes. La PSP tiendrait-elle enfin la «killer app» qui lui manquait depuis sa sortie ? Portée pour la première fois en 3D sur portable, la série GTA connaîtra-t-elle un succès aussi grand que les trois épisodes parus sur PlayStation 2 ?

Le premier GTA en 3D sur portable !

Il semble loin le temps où la série GTA se résumait à un jeu d’action en vue aérienne à l’aspect assez brouillon… mais facilement adaptable sur des consoles portables comme la Game Boy Color ou la GBA. Avec Liberty City Stories, le studio Rockstar Leeds s’est attaqué à un vrai challenge : proposer pour la première fois un épisode de la série en 3D sur une console portable. Techniquement, autant dire que GTA en met plein les mirettes sur la PSP… c’est sans doute le jeu le plus beau de la console à l’heure actuelle ! Le principe de jeu est exactement identique à celui des trois opus publiés sur PlayStation 2, Xbox et PC : on remplit des dizaines de missions en chapardant à volonté les véhicules à disposition (voitures, motos, bateaux…mais pas d’hélicos cette fois-ci). Avec son écran d’excellente qualité, la PSP fait des merveilles et ce que les textures perdent légèrement en finesse, elles le gagnent par l’affichage exceptionnel de la console. Qui dit GTA, dit terrains de jeu étendus et là encore, la console de Sony fait des merveilles avec une distance d’affichage assez impressionnante… qui ne va pas sans entraîner des ralentissements un peu trop nombreux à mon avis. M’enfin GTA reste le jeu idéal pour épater la galerie et prouver aux derniers rabat-joie que la PSP en a vraiment sous le capot.

Cet épisode sur PSP prend place à Liberty City, la ville de GTA 3 (le premier volet de l’ère PlayStation 2). Dans le rôle de Toni Cipriani (un second couteau dans GTA 3), il s’agit ici encore une fois de monter les échelons de la mafia locale en enchaînant les missions de plus en plus périlleuses. Dommage que Rockstar n’ait pas pris le temps de créer un univers à part entière pour cette version PSP où l’on aurait aimé explorer une toute nouvelle métropole. Si, comme moi, vous connaissez encore par cœur les trois quartiers de Liberty City, vous retrouverez très vite vos marques, l’ère de jeu étant la réplique de celle de GTA 3. A quelques exceptions près, puisque l’action se passe ici en 1998, soit trois ans avant les événements du jeu original : quelques buildings sont encore en construction et d’autre menues différences sont à découvrir mais 95% du terrain de jeu reste identique. S’il repose donc sur un canevas géographique identique, GTA Liberty City Stories propose heureusement un scénario exclusif avec ses propres missions, ses personnages secondaires toujours aussi colorés et une bande son excellente, composée de titres emblématiques de la fin des années 90 (Free de Ultra Nate…). Et puis cerise sur le gâteau, Rockstar l’a enfin fait : un mode multijoueurs fait son apparition puisque via la connexion Wifi, plusieurs joueurs pourront se retrouver simultanément dans Liberty City pour s’y affronter et mettre la ville à feu et à sang dans sept modes dédiés. A condition que chaque joueur possède une console et une version du jeu. De quoi motiver même les plus blasés de la série à se plonger dans cette première version portable en 3D !

Un sans-faute ?

Et non ! GTA Liberty City Stories n’est pas un jeu parfait. Passé la déception de ne pas profiter d’un terrain de jeu inédit, il faut aussi se faire à la maniabilité moins confortable sur PSP. Si l’on peut choisir de diriger son personnage à la croix digitale ou au simili-stick analogique, aucun des deux modes ne m’a vraiment séduit : la croix n’est pas assez précise et le stick, mal placé sur la console, multiplie l’inertie des véhicules. Si jouer un quart d’heure à Wipe Out ne pose pas de problèmes, une partie de GTA bien plus longue (ne serait-ce qu’à cause du système de sauvegarde très parcimonieux) s’avère plus vite inconfortable. Un autre grief à souligner, ce sont les multiples accès à l’UMD. Comprenez des barres chargements qui apparaissent entre chaque cinématique, lors du passage d’une zone à l’autre (comme sur PS 2) mais aussi des «gels d’écran» qui interviennent arbitrairement lors de la partie, souvent lorsque l’écran est surchargé ou que la console accède à une autre piste musicale. Enfin, si la définition graphique du jeu est excellente, GTA Liberty City Stories souffre d’un curieux phénomène de rémanence qui gâche légèrement le rendu. Et puis après avoir joué à GTA San Andreas qui a apporté son lot d’innovations, revenir à GTA 3 pourra sembler rétrograde à certains sachant que le personnage ne sait par exemple plus nager dans cette version.

Par : Patrick Hellio
Copyright : THG

Publié le 11 janvier 2006
SQ 250-300