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Dungeons & Dragons Online : premières impressions sur le beta test

Dungeons & Dragons Online (D&D Online pour les intimes) vient tout juste d’entrer dans sa phase de beta test. Inutile de préciser que ce MMORPG basé sur l’univers et les règles du plus célèbre, mais surtout du tout premier jeu de rôle sur table est attendu par un grand nombre de fans depuis un bon moment. D&D Online pourrait ainsi être un sérieux concurrent à World of Warcraft. Le titre devrait sortir aux Etats-Unis en mars/avril prochain et un peu plus tard en Europe où il sera entièrement localisé.

Pas de doutes, World of Warcraft aura doublement marqué l’année 2005 du jeu vidéo. Tout d’abord en révolutionnant le genre MMORPG grâce à un gameplay novateur et très facile à maîtriser, mais également en s’imposant auprès d’un large public jusqu’alors plutôt hermétique au genre. Grâce à World, le MMORPG n’est plus un loisir seulement réservé à un public d’accros aux jeux en ligne. Un peu moins d’un an après sa sortie, le jeu de Blizzard continue à vendre de nombreuses boîtes en magasin et à engranger chaque semaine de nouveaux comptes. Vivendi Universal Games en annonce plus de quatre millions au niveau mondial. Un million de jeux a été écoulé en Europe et il s’en vend encore 1300 exemplaires par semaine dans l’Hexagone ! En face, les concurrents font pâle figure, hormis Guild Wars avec son système sans abonnement qui s’est vendu à plus d’un million d’exemplaires en Europe et aux Etats-Unis. En résumé, les MMORPG ont commencé à entrer dans les mœurs ludiques du grand public. Dans ce contexte, Dungeons & Dragons Online a plus qu’une simple carte à jouer. Entre les très nombreux fans du plus vieux jeu de rôle sur table et les joueurs de World of Warcraft qui commencent à se lasser des quêtes épiques, D&D Online risque d’en tenter plus d’un…

Bienvenue dans le nouveau monde…

Paru pour la première fois dans la seconde moitié des années 70, Dungeons & Dragons est tout simplement le titre fondateur du genre jeu de rôle sur table. Il regroupe plusieurs univers heroic fantasy qui ont été développés depuis près d’une trentaine d’année. Chacun affiche des caractéristiques radicalement différentes avec notamment des races et des classes de personnages spécifiques. Au monde de Greyhawk qui accueillait les premières aventures des joueurs de l’époque ont entre autres succédé les Royaume Oubliés, Planescape et plus récemment Eberron. C’est précisément ce dernier univers qui a été choisi par les développeurs de D&D Online pour servir de support à leur MMORPG. Il faut dire que les Royaumes Oubliés sont la chasse gardée de Neverwinter Nights et que Planescape a déjà fait l’objet d’un titre à part entière (Planescape Torment).

Eberron est un monde qui a été ravagé par les siècles de combats d’une guerre qui vient à peine de s’achever. Cependant la paix n’est toujours pas de mise, les sanglants champs de bataille ont cédé leur place à des manœuvres plus pernicieuses de la part des différents protagonistes : les dagues des assassins ont remplacé les épées des vaillants guerriers et les conspirations vont bon train. C’est dans ce contexte troublé qu’il faudra frayer en choisissant bien ses factions, clans et autres camps. La magie est également l’une des spécificités majeures du monde d’Eberron. Elle y est omniprésente et a permis la création de véritables merveilles technologiques et architecturales. Elle a également marqué de son empreinte une aristocratie despotique dotée de pouvoirs que bien peu utilisent pour le bien de leur population. Ce mélange d’arcanes et de technologie donne une couleur et une ambiance particulières au jeu : vous pourrez partir à la recherche de précieuses reliques ensevelies sous les ruines des anciennes civilisations ou encore incarner un Warforged. Cette nouvelle race vient compléter les classiques : humains, elfes, nains et hobbits. Ce sont des golems créés pour servir de piétaille lors des batailles et ils sont un peu considérés comme des parias, mais disposent en contrepartie d’une force et d’une résistance hors du commun…

Tout commence avec un personnage

D&D Online vient d’un vrai jeu de rôle sur table et cela se sent dès la création de son premier personnage. En effet, s’il est toujours possible d’opter en quelques clics pour un aventurier clé en main, vous pourrez également définir votre avatar point par point exactement comme si vous aviez un Manuel des Joueurs et une fiche de personnage de l’édition 3.5 de D&D sous le coude. Il y en a donc pour tous les goûts, les néophytes peuvent attaquer rapidement une partie tandis que les fans pourront peaufiner leur création dans ses moindres détails. D&D Online propose un choix de cinq races : Humain, Elfe, Hobbit, Nain et Warforged. Pour chacune d’entre elle, vous serez libre de choisir d’incarner un personnage masculin ou féminin. Quelque soit votre choix, vous aurez accès à neuf classes : guerrier, paladin, barbare, voleur, ranger, prêtre, magicien, sorcier et barde. Même si tout cela n’est pas limité, certaines races sont mieux disposées que d’autres pour accéder à telle ou telle profession. Les elfes sont par exemple plus efficaces comme magiciens que comme paladins à l’opposée des nains. Seuls les humains sont polyvalents et bénéficient d’un talent supplémentaire au départ pour compenser l’absence de compétences raciales spécifiques.

Les choix sont donc assez classiques au départ. Plus tard, il devrait être possible de biclasser ou de triclasser son personnage en acquérant des niveaux dans une nouvelle classe plutôt que de progresser dans celle choisie lors de la phase de création. Cela peut être intéressant dans certains cas, par exemple en mélangeant les compétences du ranger et du voleur pour rendre son avatar encore plus furtif et en faire un véritable pro de l’infiltration. Attention cependant à ne pas trop affaiblir son aventurier en éparpillant ses points de compétence n’importe comment. Comme dans le jeu sur table, D&D Online laisse ainsi une grande liberté au joueur pour faire évoluer son personnage comme il l’entend. Petite trouvaille astucieuse : une vidéo est disponible pour chaque classe de personnage, elle en illustre les caractéristiques principales afin d’aider les néophytes à choisir la profession de son avatar.

Il n’y a pas que le look qui compte !

Une fois la race, le sexe et la classe choisie, vous allez pouvoir vous livrer à un petit exercice créatif afin de personnaliser votre avatar. Coupe et couleur de cheveux, sourcils, forme et couleur des yeux, nez, lèvres, pilosité, cicatrices et couleur de peau : les choix sont multiples. Tout se fait très simplement en quelques clics et si vous êtes vraiment pressé il est toujours possible de déterminer aléatoirement tous ces facteurs en un seul clic ! Reste alors à donner un nom et un surnom à votre aventurier et à choisir un alignement. L’alignement d’un personnage définit s’il penche vers la neutralité ou le bien, le chaos ou l’ordre. Notez que dans la beta actuelle du jeu il est impossible de jouer un personnage d’alignement mauvais. Nous ne savons pas encore pour l’instant si cela restera en l’état, s’il est prévu d’avoir des serveurs dédiés ou encore du joueur contre joueur entre factions du bien et du mal. A ce niveau certains choix peuvent être limités par la classe choisie. Un paladin est par exemple obligatoirement loyal et bon alors qu’un barbare ne peut pas être loyal. Cette étape terminée, vous passerez directement à l’examen de votre fiche de personnage.

Les fans de D&D s’y retrouveront tout de suite. Vous y verrez les classiques notes de force, dextérité, constitution, intelligence, sagesse et charisme de votre avatar allant en théorie de trois à 20 (dans D&D ces valeurs sont calculée en lançant trois dés à six faces pour chaque note et en y appliquant d’éventuels modificateurs liés à la race du personnage). Profitons-en pour souligner que les matrices sont correctes mais pas exceptionnelles. Avoir un 18 est assez rare, deux inespéré… Vous pourrez également consulter la liste des talents (feats) et des compétences (skills) que le jeu a choisi automatiquement pour votre aventurier. A ce stade, deux choix s’offrent à vous : accepter le personnage tel quel ou le modifier selon vos goûts. Libre à vous d’enlever des points sur une ou plusieurs caractéristiques pour les répartir vers d’autres. En ce qui concerne les compétences, après plusieurs essais de personnages de différentes classes, il apparaît que les choix effectués automatiquement sont plutôt équilibrés et pertinents. Pour les talents, c’est la même chose, mais si vous êtes un minimum fan de jeu de rôle nous vous conseillons grandement de les choisir vous-même, ils servent vraiment à personnaliser votre avatar.

La tête ou les jambes ?

Globalement le système de création de personnages et le gameplay de base de D&D Online s’avèrent assez classiques. Le jeu offre cependant à notre avis plus de possibilité de personnalisation que dans World of Warcraft. Jouer un combattant ou un voleur est assez simple de prime abord, leurs compétences gagnant en complexité petit à petit. Incarner un lanceur de sort se révèle par contre plus délicat. Non pas que les choses soient difficiles à comprendre, dès les premiers instants passés dans le jeu vous trouverez des didacticiels très sympas dédiés à chaque aspect du gameplay. Non, ce qui est plus compliqué c’est de comprendre la gestion du temps, des sortilèges et de certains pouvoirs. D&D Online s’appuie sur un nouveau système de règles optionnelles publiées dans l’édition 3.5 du manuel Unearthed Arcana. Les sorciers, magiciens, prêtres ou bardes reçoivent un nombre de points de sorts déterminés par leur classe, leur niveau et certains talents. Chaque sort lancé coûte des points récupérables en se reposant. Les magiciens et les prêtres ne peuvent en plus mémoriser qu’un nombre limité de sorts choisis parmi la liste des enchantements qu’ils maîtrisent. Ils peuvent lancer ces sorts autant de fois qu’ils le souhaite tant qu’ils ont des points de sort.

À titre d’exemple, un prêtre de premier niveau dispose en moyenne de trois sortilèges en mémoire et d’une liste d’une douzaine de sorts. Une fois choisis, les trois sorts sont bloqués et ne peuvent être changés qu’en se reposant dans une taverne (ce qui permet également de récupérer des points de vie de manière accélérée) ou auprès d’un autel dédié à cela. On les trouve uniquement dans les donjons et ils ne peuvent être utilisés qu’une seule fois. Il faut donc apprendre à bien gérer points de vie et sorts pendant une instance… Comparé à World of Warcraft, se régénérer est donc beaucoup plus délicat puisqu’à défaut de potion ou de sort de soin, il faut quitter l’instance pour se rendre dans une taverne et revenir ensuite, ou attendre de trouver la salle des autels sachant qu’ils ne pourront servir qu’une fois pour chaque personnage. Ces autels permettent également de ressusciter un compagnon mort sans l’instance sans avoir à en sortir, mais là encore ça ne marche qu’une fois… Seuls les personnages de haut niveau disposent de sorts capables de relever un mort.

A suivre…

D&D Online devrait permettre dans un premier temps de monter ses personnages jusqu’au niveau dix avec quelques variantes par rapport au jeu sur table, puisqu’il y aura en fait quatre rangs intermédiaires par niveau qui permettront d’acheter des talents supplémentaires. Nous reviendrons bien évidemment sur tout cela dans d’autres articles tout au long du beta test du jeu. Après plusieurs heures passées à tester deux ou trois classes de personnages différentes, D&D Online paraît plutôt réussi et prometteur surtout au niveau des donjons qui s’apparentent bien plus à du jeu de rôle que les batailles rangées de World of Warcraft. Il y a en effet bon nombre d’énigmes à résoudre, de pièges, de mécanismes à contourner et de pièces secrètes à découvrir c’est franchement agréable à jouer.

Par : Jérôme Bohbot
Copyright : THG

Publié le 12 janvier 2006
SQ 250-300