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Full Auto de Sega : le test


Test réalisé par Patrick Hellio (THG)

Fiche résumée:
Editeur Sega
Plateforme Xbox 360
Nombre de joueurs 1 à 6
6/10












Sega, roi de l'arcade


Comme Condemned également édité par Sega, Full Auto est signé par un studio américain, Pseudo Interactive (bravo, le nom !). Soulignons le signe encourageant de voir un éditeur d’origine japonaise se pencher dès sa sortie sur la nouvelle console de Microsoft. Revenons au sujet d’aujourd’hui avec Full auto qui fait donc partie de la première fournée de jeux 360. Alors que la console hérite principalement de titres multiplateformes plus ou moins bien adaptés ou d’exclusivités assez décevantes comme Perfect Dark Zero, Sega propose ici un jeu spécifiquement développé pour la première console nouvelle génération. Inutile de tergiverser : Full Auto se veut un pur jeu d’arcade, proposant des courses de voitures survitaminées sans pitié où l’agressivité des affrontements le dispute à la vélocité des tours de pistes. Un titre pure souche donc pour Sega, qui a donné ses lettres de noblesse aux jeux d’arcade avec des titres comme Daytona USA, Scud Race et autres OutRun. Si, graphiquement, le jeu tient bien la promesse « nouvelle génération », quelle place peut-il par essence (jeu de course, essence… ok, c’est nul) occuper dans la nouvelle logithèque de la console la plus puissante du marché ?

Dépasser les bornes ?

Dans Full auto, on ne tourne pas autour du pot. A peine a-t-on sélectionné une voiture et un circuit, qu’on se retrouve projeté sur la ligne de départ, entouré d’une demi-douzaine de bolides adverses. Selon le mode de jeu, il s’agira d’enchaîner un nombre déterminé de tours de circuit, d’atteindre un point donné le plus rapidement possible ou encore d’être le seul survivant sur la piste. Car, non, Full Auto n’est pas un jeu pacifiste ! Dès les premiers tours de roue engagés, les missiles et rafales de mitrailleuses fusent de tous parts. Premier constat : graphiquement, le jeu tient bien la route. On retrouve la plupart de ces petits « plus » que la Xbox propose en standard comme les textures plus fines, les effets de lumière et autres réflexions sur les carrosseries sans oublier une profondeur de champs jamais vue jusqu’ici ! Bref, tout est brillant, clinquant, avec des couleurs vives qui raviront vos écrans haute définition (ou le tube 36 cm pour ceux que la Xbox 360 aura ruinés !). Autre bonne surprise, l’animation tient bien le choc. Très rapide, le jeu profite d’une animation bien véloce qui rappellera à certains les meilleurs moments de la série Burnout… un titre qui aura à coup sûr inspiré les développeurs de Pseudo interactive. Et puis quelle action, les amis ! C’est simple, impossible de quitter l’écran des yeux une seule seconde tellement chaque circuit offre une action soutenue.


Gâchette droite pour accélérer, gauche pour le frein (le quoi ?), L3 pour le turbo (qui se recharge progressivement en fonction du pilotage) et A et B pour actionner les armes avant ou arrière : simple et efficace. L’un des « plus » de Full auto, c’est la touche R3 qui sert en solo à remonter le temps de quelques secondes et donc de pouvoir éviter un carambolage devoir attendre la réapparition de sa voiture après le crash. Une excellente idée, jusqu’ici jamais vue dans un jeu de course. Chaque véhicule disponible (du coupé sport au 4x4 blindé) conditionne la manière de jouer : plus ou moins, lourds, légers, rapides ou poussifs, les différents véhicules proposent aussi des degrés de résistance différents. Si plusieurs caméras sont disponibles, les vues extérieures permettent de profiter des dégâts affichés en temps réel sur sa voiture… un spectacle qu’il serait dommage de louper, d’autant que la modélisation des bolides est vraiment réussie. Pas de doute, Full Auto est jeu qui fait honneur à la Xbox 360 avec son lot d’effets spéciaux et une vélocité tels que l’on aurait jamais imaginé retrouver sur la première console de Microsoft par exemple. C’est bien simple : tous les décors de Full Auto peuvent être réduits en miette ! Boutiques, immeubles, ponts… autant dire que le paysage garde des traces des courses. Au fil des victoires (course en mode carrière ou défis à relever), on va progressivement débloquer de nouveaux véhicules ou circuits. De quoi booster un peu la durée de vie d’un jeu qu’il faut avant tout consommer comme un jeu d’arcade. Soit quelques minutes de temps en temps, histoire de se défouler, comme on pouvait se rendre à l’époque dans une salle d’arcade. M’enfin, comme en arcade, rien ne vaut le jeu à plusieurs…

Plus on est de fous… (du volant ?)


Bon, assez rigolé avec le jeu en solo, sympa mais dont on fait finalement le tour. La vraie pression, on la trouve en multijoueurs, que ce soit à deux en écran splitté horizontal ou via le Xbox Live. Face à des adversaires virtuels à l’IA assez bonne mais peu inventifs, on apprend vite à reconnaître ses vrais amis lors d’une course sur Full auto. Tout y passe : mitraillage par derrière, pose de mines, invitation délicate à se manger un mur à grands coups de rentre-dedans… Full Auto distille une vraie tension lorsque plusieurs joueurs s’affrontent. D’autant que si les premières parties peuvent donner une impression de brouillon, on apprend progressivement à parfaitement maîtriser la trajectoire de son bolide pour attaquer au mieux un virage tordu (et ils ne manquent pas !) et mettre ses anciens amis dans le vent. Sans oublier la maîtrise des différents types d’armes, à sélectionner bien sûr en fonction du terrain mais aussi de l’adversaire en face. Et oui, il y a bien un peu de technique derrière l’un des jeux les plus bourrins à l’heure actuelle sur Xbox 360 !


Avec le Xbox Live, le multijoueurs est bien sûr plus agréable puisque l’on dispose alors pour soi tout seul des 72 cm de son écran plasma (ou des 36 cm, vous vous rappelez ?) pour afficher la course. Comme dans un FPS, chacun des huit pilotes pouvant participer à une même compétition en ligne voit son nom affiché au dessus de son bolide (essayez donc de battre JDLI si vous vous connectez un de ces quatre !). Dommage en revanche que l’on note quelques ralentissements dans ces parties multijoueurs, notamment lorsque l’écran est divisé sur une seule console. Un peu trop de véhicules et explosions à l’écran et le frame rate pourra parfois baisser de façon assez sensible pour que la jouabilité en souffre (à moins que cela ne serve d’excuse à certains pour leur lacunes de pilotage, n’est-ce pas Jérôme ?). Ce ne sont ici probablement pas les capacités de votre Xbox 360 flambant neuve qui pourront être remises en question, mais plutôt la maîtrise de ce nouvel environnement par les développeurs… qui ont encore certainement pas mal d’astuces à trouver pour exploiter la bête. M’enfin, rien de bien grave au point de gêner le plaisir de jeu.

Publié le 28 février 2006
SQ 250-300