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Test exclusif du lecteur Samsung BD-P1000 : enfin le Blu-ray en France !

Voici donc le premier lecteur de Blu-ray Disc sur le sol européen. Le Samsung BD-P1000 se veut une machine haut de gamme de par sa présentation luxueuse et un prix malheureusement élevé pour tous ceux qui souhaitent accéder au nirvana visuel de la HD. Mais le BD-P1000 est également capable de démontrer que le format Blu-ray offre un environnement sonore étourdissant !

Le lecteur BD-P1000 permet de lire les programmes gravés ou enregistrés sur support Blu-ray Disc. Avant de faire connaissance, quelques restrictions. Le BD-P1000 est loin d’être un lecteur universel. S’il lit parfaitement les programmes préenregistrés (DVD ou Blu-ray mais évidemment pas les supports HD-DVD) il est nettement plus sélectif sur les supports que l’on peut graver chez soi puisqu’il refuse les DVD+R et les DVD+RW. Il sait lire les DVD-R et les DVD-RW mais uniquement en mode vidéo et simple couche. Plus étonnant, le BD-P1000 refuse les BD-R/RE. Cela signifie que si, comme moi, vous possédez un caméscope HD et que vous cherchez un média optique pour sauvegarder vos montages, ce lecteur sera incapable de les lire ! En fait coté média informatiques le BD-P1000 se limite à la compréhension du standard BD-ROM Profile 1 version 1.0. La documentation signale toutefois la possibilité de procéder à une mise à jour, en passant obligatoirement par un SAV agréé.



Côté son, le BD-P1000 ne reconnaît pas les DVD-Audio et les SACD. En revanche il sait lire les fichiers MP3 / WMA de CD-R ou DVD-R Le format Blu-ray étant nouveau et encore en développement, le manuel est clair sur le fait que le BD-P1000 pourrait ne pas reconnaître de nouveaux développements logiciels ou matériel dans les années à venir. Ce problème a également existé lors de l’apparition du format DVD, nombreux sont ceux qui se rappellent encore des heures éprouvantes à essuyer les plâtres…

Si les intervenants sur le HD-DVD se refusent pour l’instant à apposer un code régional sur les disques, le clan Blu-ray n’a jamais caché que le principe initié sur le DVD serait reproduit sur le Blu-ray. De fait, le monde est partagé en trois régions, l’Europe étant calée sur la région B. Il est donc fort probable en achetant un disque aux USA que vous ne pouviez pas le lire sur les lecteurs vendus au sein de la zone B. Les disques Blu-ray sont également protégés contre la copie, avec un niveau de contre-mesures bien plus sophistiqué que celui prévu sur le DVD et détourné depuis quelques années. Nonobstant le fait qu’il est impossible aujourd’hui de réaliser des copies parfaites, il faut aussi considérer que les sorties vidéo analogiques (S-vidéo et YUV) sont inopérantes lors de la lecture de disque Blu-ray. Inutile donc de brancher le BD-P1000 sur un magnétoscope analogique ou numérique, vous n’aurez que du noir. Rappelons que la sortie numérique HDMI est également protégée par le protocole HDCP nécessitant de relier au lecteur un diffuseur acceptant le HDCP et aucun enregistreur grand public offre ce service.

Du panache…

Le déballage du lecteur apporte une certaine émotion. Pourquoi ? Parce qu’on a bien le sentiment d’entrer dans une nouvelle ère audiovisuelle, et aussi parce que le BD-P1000 est magnifique avec son design « façon piano laqué noir ». Double bonne nouvelle : le lecteur se voit livré avec un câble HDMI et un câble composante YUV, ainsi qu’avec deux Blu-Ray Disc (S.W.A.T. et Showcase, une compilation de concerts de jazz). Le lecteur se branche rapidement et si vous utilisez la liaison HDMI (High Definition Multimedia Interface, ici en version 1.2). L’adaptation de la résolution de sortie à la matrice du diffuseur est automatique si le diffuseur est compatible avec l’affichage des informatiques EDID, ce qui est généralement le cas des téléviseurs. Si vous passez par la liaison YUV, vous pouvez récupérer un signal 1080i ou 720p mais attention, je me répète, pour la lecture de programme Blu-ray la liaison YUV passe en mode écran noir si le programme dispose de protections, ce qui est généralement le cas. Vous voilà prévenu, l’achat du BD-P1000 ne se conçoit que par la détention d’un diffuseur compatible HDMI / DVI HDCP.

Le BD-P1000 dispose d’un port permettant de visionner des photos (voir tableau des compatibilités en fin de test). Il suffit pour y accéder de relever l’onglet protecteur, d’insérer la carte, de presser un bouton (commutation entre disque et port externe) puis de choisir entre navigation manuelle ou mode diaporama (trois vitesses de défilement proposées). La mise à l’échelle des photos est correcte mais, comme souvent dans ce type d’exercices, la baisse de résolution se fait parfois ressentir.

L’afficheur est, bien entendu, couleur bleu Blu-ray ! Il dispense une information simple mais suffisante pour savoir le type de média lu et la résolution de sortie (720 p, 1080i ou 1080p). Une diode permet de savoir si la liaison HDMI est active. On peut ici regretter le manque d’informations sur la nature du flux audio et vidéo. Impossible en effet de connaître le type de compression vidéo et la résolution du signal audio. Dommage que tout cet éclairage ne puisse pas être diminué ou stoppé. Le panneau avant dispose également d’un bouton (curieusement absent de la télécommande) qui permet de commuter la sortie vidéo en manière séquentielle.

Paramètres

En appelant le menu des paramètres, on découvre un choix proche voire identique à certains lecteurs DVD de salon : type d’écran, choix des langues préférées (disque et menu), préférences de sorties audio et vidéo (avec toutefois le choix de la résolution HD) et la mise en place éventuelle d’un contrôle parental. Le BD-P1000 intègre un module de mise à l’échelle, c'est-à-dire qu’il va prendre le signal vidéo d’un DVD (NTSC 480i / PAL 576i) et l’adapter à la résolution HD en sortie, 720p si vous avez un diffuseur HD ready ou 1080p si vous avez un diffuseur Full HD. Aucune action n’est permise à ce niveau, si vous pensez que son travail n’est pas optimal, il sera néanmoins difficile de laisser la mise à l’échelle du téléviseur opérer car le BD-P1000 ne propose pas de choix de sortie différent suivant que l’on soit sur source SD ou HD, sauf à passer par la sortie S-vidéo ou composite.

Le BD-P1000 ne possède pas de compatibilité HDMI 1.3, pour profiter des nouveaux formats sonores HD il faut impérativement utiliser les décodeurs internes du lecteur, aucun amplificateur sur le marché n’offrant ce type de décodeur. Il faut dans ce cas définir le type d’enceintes (petites – coupure à 100 Hz / grandes) et prévoir un jeu de six câbles analogiques à relier à l’entrée 5.1 analogique de l’amplificateur. Cette entrée analogique 5.1 est certainement disponible si vous possédez un amplificateur récent. Veuillez noter toutefois qu’il s’agit bien ici d’une liaison 5.1, ce qui bien malheureusement va limiter l’intérêt pour des encodages 6.1 ou 7.1.

La liaison HDMI peut-être paramétrée pour un branchement téléviseur (adaptation des flux en stéréo) ou externe. Le BD-P1000 propose une sortie stéréo analogique et une sortie numérique sous forme coaxiale ou optique. Cette liaison numérique est indispensable car le décodeur interne ne gère pas les flux en « multicanal » lors de la lecture de programmes DVD ! Il est possible pour les flux PCM d’ordonner une baisse de résolution à 48 kHz si votre amplificateur ne supporte pas les flux haute résolution (96 kHz).

A noter que le BD-P1000 ne dispose pas de port Ethernet lui permettant de se connecter sur l’Internet pour d’éventuelles mises à jours ou pour tout simplement profiter des éventuels bonus logiciel, ce qui est pourtant prévu dans le cahier des charges interactif du format Blu-ray.

Mise en situation

Nous avons testé le BD-P1000 sur trois diffuseurs différents : un rétroprojecteur DLP HD ready Samsung SP50L6HVX, un vidéoprojecteur Barco 808 avec adaptateur HDMI et rétro- projecteur SXRD Full HD Sony KDS55A2000. Les impressions ci-dessous ne détailleront pas les avis par rapport aux diffuseurs, hormis sur l’aspect résolution car les impressions sont très proches. Notez en revanche que nous avons procédé à quelques tests de lecture, en mettant les réglages usines du rétroprojecteur et que, dans ce cas, le potentiel qualitatif du BD-P1000 n’a pas été correctement mis en valeur. Cela traduit la nécessité en HD, plus encore qu’avec les DVD, de faire attention aux réglages du diffuseur.

La télécommande proposée avec le BD-P1000 ressemble furieusement à celle d’un DVD, à l’exception de deux boutons précis, liés aux possibilités interactives du format Blu-ray. Il est bien dommage que les commandes de lecture ne soient pas rétro-éclairée et que celles-ci soient un peu perdues par rapport au pavé directionnel. La télécommande peut piloter un téléviseur qui appartient à l’une des marques principales du marché.

L’insertion d’un disque Blu-ray n’implique que quelques courtes secondes d’attente avant de voir apparaître le menu disque ou l’envoi du programme. La réactivité aux différentes commandes ou demandes de modifications d’option est rapide, sans pour autant être extraordinaire.

C’est à l’usage que l’on comprend que ce n’est plus du DVD…

Si le branchement du BD-P1000 s’apparente à celui d’un lecteur de DVD de génération récente (sauf la Péritel ici absente), son maniement est également très proche. C’est surtout en glissant un programme Blu-Ray que l’on comprend que l’interactivité fait un bond en avant ... Les évolutions interactives sont multiples, mais la plus apparente est celle des menus et options qui se « superposent » à l’image du programme en cours de lecture. Envie de sélectionner un autre chapitre ou de modifier la piste sonore ? Les choix apparaissent sous formes de vignettes (personnalisation en général des visuels en fonction du programme) sans que le programme en cours de lecture ne soit stoppé. En revanche, le passage aux menus des bonus peut parfois déclencher un retour à un menu particulier.

Il est évident que nous manquons tous de recul face au potentiel de ce type de lecteur. Pour bien connaître le potentiel de mon rétroprojecteur en mode télévisuel traditionnel et avec des sources HD satellite, je peux vous assurer que le BD-P1000, en liaison avec la nature des programmes Blu-ray apporte une nouvelle dimension visuelle. L’œil est instantanément saisi, attiré, par une luminosité globale nettement plus vive et des contrastes sensiblement plus appuyés. Les contours sont acérés sans pour autant subir les dégradations propres au MPEG2. Les grains de peau semblent plus naturels qu’en DVD et ce n’est pas le simple surcroît de détail qui est en cause mais bel et bien un aspect moins numérique, moins brut.

Ce BD-P1000 s’avère une base lectrice intéressante pour de l’audio pur (analogique stéréo) mais légèrement simplificatrice et un soupçon sèche. Il est clair que Samsung n’a pas fait d’efforts particulier pour apporter une haute qualité de restitution sur ce point, ce qui tranche avec l’extraordinaire transparence et présence des programmes Blu-ray en flux audio non compressés ou Dolby / DTS haute résolution. Le spectacle sonore sur des programmes musicaux prend une autre dimension; le couple image HD et son haute résolution apporte un réalisme détonnant, à la limite du naturel dans certains gros plans.

En conclusion

Le BD-P1000 est assurément une machine de haute technologie, qui donne une excellente mesure du potentiel du format Blu-ray. Pour autant c’est un lecteur simple, au niveau des branchements et de l’usage, en particulier l’adaptation aux caractéristiques d’affichage du téléviseur réalisée en totale transparence. Moderne, beau et fonctionnel, le BD-P1000 donne résolution l’envie de basculer vers la HD version Blu-ray. Il est bien évidemment dommage que son prix le réserve aux passionnés : 1299 €, ça ne se trouve pas encore sous le sabot d’un cheval, fut-il en HD !

Publié le 21 novembre 2006
SQ 250-300